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Grés de Montpellier : les rouges du Languedoc s’invitent aux tables d’automne

Nos vins pépitesLanguedoc

Thibaud Lapacherie Par
Bouteilles de Clos Savignac 2024, Clos de l’Amandaie et Grés Sorian 2013, trois rouges des Grés de Montpellier

Je ne vais pas faire semblant : ces trois bouteilles m’ont vraiment plu. Trois rouges de l’AOC Grés de Montpellier, deux 2024 et un 2013, ouverts sur trois repas bien différents, du barbecue de fin d’été au rôti du dimanche. Et à chaque fois, la même impression : des vins qui ont de la carrure sans jamais être lourds. Pile ce qu’on a envie de boire quand l’automne s’installe.

Bouteilles de Clos Savignac 2024, Clos de l’Amandaie et Grés Sorian 2013, trois rouges des Grés de Montpellier

Lou Gres : des cailloux, la mer et la garrigue

Premier réflexe en lisant le nom : on pense au grès, la roche. Fausse piste. Selon le syndicat de l’appellation, « lou gres » désigne en occitan les cailloux, ceux qui couvrent les coteaux autour de Montpellier. Des sols pierreux et perméables, où la vigne doit aller chercher l’eau en profondeur.

Le vignoble dessine une sorte d’amphithéâtre autour de la ville, entre la Méditerranée et les premiers reliefs. Le climat y est méditerranéen, sec, mais adouci par les brises marines, avec des écarts de température entre le jour et la nuit qui laissent mûrir les raisins sans précipitation. Pour le syndicat, c’est ce qui donne aux vins leurs tanins fins et élégants.

Côté règlement, l’appellation couvre 45 communes de l’Hérault, de Montpellier à Saint-Georges-d’Orques, Pignan, Aumelas, Gignac ou Lunel. Elle ne produit que des rouges, assemblés à partir d’au moins deux cépages parmi le grenache, le mourvèdre et la syrah, et élevés au moins jusqu’au 15 septembre de l’année qui suit la vendange. Longtemps simple mention de l’AOC Languedoc, depuis 2007, Grés de Montpellier est devenue une appellation à part entière en 2024.

Une bouteille qu’on reconnaît de loin

En posant les trois bouteilles côte à côte, un détail saute aux yeux : elles ont toutes la même silhouette, avec une gravure en relief sur l’épaule. C’est la bouteille collective de l’appellation. Les vignerons l’ont choisie pour marquer leur attachement à Montpellier et au Languedoc, et elle permet de repérer un Grés de Montpellier sur une étagère sans même lire l’étiquette.

Même le 2013, mis en bouteille à l’époque où son étiquette portait encore l’appellation Coteaux du Languedoc, arbore cette gravure. L’identité était là bien avant l’AOC.

Trois repas, trois bouteilles

Un barbecue avec l’Amandaie rouge 2024

Le Clos de l’Amandaie est le domaine de Stéphanie et Philippe Peytavy, en bio. Leur rouge a accompagné un barbecue de saucisses et de merguez, un de ces repas de fin d’été qu’on étire tant qu’il fait doux.

C’est un joli vin, bien structuré, avec des épices et des fruits noirs. Il a assez de tenue pour les viandes grillées, et ses épices vont naturellement vers la merguez. À 14 €, c’est la bonne affaire du trio. Pour d’autres idées autour du feu, notre article quel vin pour un barbecue fait le tour de la question.

Bouteille de Clos de l’Amandaie, rouge des Grés de Montpellier signé Stéphanie et Philippe Peytavy

Une côte de bœuf avec le Clos Savignac 2024

Changement de décor avec le Clos Savignac, du Château Paul Mas, certifié HVE 3. Sur la table, une belle côte de bœuf. Et franchement, on s’est régalé.

Le vin déroule des fruits noirs et du poivre, avec ce qu’il faut de corps pour ne pas s’effacer devant la viande. C’est le genre d’accord qu’on n’a pas besoin d’analyser : on sert, on coupe, et la bouteille descend. Il est vendu 17,50 €.

Bouteille de Clos Savignac 2024 du Château Paul Mas, Grés de Montpellier

Un rôti de bœuf avec le Grés Sorian 2013

Le troisième sort du lot par son âge. Un 2013, treize ans après la vendange, chez Clos Sorian. On l’a ouvert sur un rôti de bœuf.

C’est un vin puissant et complexe, avec des notes de réglisse. Les tanins sont affirmés, mais restent subtils. Et c’est là que le discours du syndicat sur la finesse des tanins prend tout son sens : même avec des années de bouteille et beaucoup de caractère, le vin ne râpe pas. À 23,55 €, c’est aussi une belle occasion de goûter un rouge du Languedoc déjà à maturité. Pour prolonger, j’ai détaillé quel vin servir avec un rôti de bœuf.

Bouteille de Grés Sorian 2013 du Clos Sorian, Coteaux du Languedoc Grés de Montpellier

Fiche cuvéesAmandaie rouge 2024Clos Savignac 2024Grés Sorian 2013
DomaineClos de l’AmandaieChâteau Paul MasClos Sorian
Sur l’étiquetteGrés de Montpellier, Languedoc AOPGrés de MontpellierGrés de Montpellier, Coteaux du Languedoc AOC
CertificationBioHVE 3Non communiqué
Mes impressionsStructuré, épices, fruits noirsFruits noirs, poivrePuissant, complexe, réglisse, tanins affirmés
Mon accordBarbecue, saucisses et merguezCôte de bœufRôti de bœuf
Autres accords conseillés par le domaineCarré d’agneau au thym, plats épicésGibier à plumes, volaille aux herbesNon communiqué
Prix14 €17,50 €23,55 €

Ce qui relie ces trois vins

Mis bout à bout, ces trois repas racontent la même chose. Des rouges du Sud qui ont du fond, des épices, des fruits noirs, parfois de la réglisse, mais qui gardent de la tenue au lieu de s’alourdir. C’est ce qui les rend si faciles à placer à table dès que les températures baissent, et c’est aussi ce qui en fait de bons candidats pour les premières sélections de fêtes.

Si l’on devait résumer : l’Amandaie pour les repas simples et conviviaux, le Clos Savignac pour la viande grillée, et le Grés Sorian pour les tables où l’on prend son temps.

Aller les goûter sur place

Le syndicat de l’appellation organise chaque année des rendez-vous ouverts au public. La Fête de la Transhumance, dans le village d’Aumelas, marque le début de l’été avec les vignerons de l’appellation. Et une balade oeno-gastronomique emmène les participants à travers les vignes et le patrimoine du vignoble ; l’édition 2026 traversait cinq communes. Les dates sont annoncées sur le site de l’appellation, en lien ci-dessous.

Montpellier a enfin son appellation, et ses rouges ont tout ce qu’il faut pour réchauffer les tables d’automne.

Questions fréquentes sur les Grés de Montpellier

D’où vient le nom Grés de Montpellier ?

Selon le syndicat de l’appellation, le mot vient de l’occitan « lou gres », qui désigne les cailloux dont les sols du vignoble sont riches. Rien à voir, donc, avec la roche qu’on appelle grès en français.

Depuis quand Grés de Montpellier est-elle une AOC ?

Grés de Montpellier est une appellation à part entière depuis 2024, et le millésime 2024 est le premier produit sous cette AOC. Auparavant, depuis 2007, c’était une dénomination de l’AOC Languedoc, d’où les mentions « Languedoc » ou « Coteaux du Languedoc » qu’on trouve encore sur les bouteilles plus anciennes.

Quels cépages trouve-t-on dans un Grés de Montpellier ?

Les cépages principaux sont le grenache, le mourvèdre et la syrah. Le cahier des charges impose au moins deux cépages dans l’assemblage, et les cépages principaux doivent en représenter au moins la moitié. Le carignan, le cinsault et le morrastel peuvent compléter.

Existe-t-il des Grés de Montpellier blancs ou rosés ?

Non. L’AOC Grés de Montpellier est réservée aux vins rouges tranquilles.

Quel Grés de Montpellier servir avec une côte de bœuf ?

Le Clos Savignac 2024 des Domaines Paul Mas. Avec ses fruits noirs et son poivre, il a parfaitement accompagné notre côte de bœuf. Pour un rôti de bœuf, le Grés Sorian 2013 du Clos Sorian, plus puissant et plus évolué, fonctionne très bien aussi.

Les Grés de Montpellier se gardent-ils ?

Le cahier des charges impose déjà un élevage jusqu’au 15 septembre de l’année qui suit la vendange. Et le Grés Sorian 2013, dégusté treize ans après sa récolte, montrait encore des tanins affirmés et beaucoup de complexité.

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