Bourgogne Hautes Côtes de Beaune 2023, Maison Colin Seguin
Il y a des bouteilles qu’on ouvre différemment. Celle-ci est arrivée par Alex et Clarisse, qui ont pris le temps d’écrire leurs prénoms au stylo sur l’étiquette, juste au-dessus du nom de la maison. On l’a bue à l’apéro en famille, et c’était le bon moment pour un blanc comme celui-là : frais, délicat, avec un bel éclat aromatique. Petite pensée pour eux à la première gorgée.
| Fiche cuvée | Bourgogne Hautes Côtes de Beaune 2023, Maison Colin Seguin |
|---|---|
| Maison | Maison Colin Seguin, Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or) |
| Appellation | AOP Bourgogne Hautes Côtes de Beaune |
| Millésime | 2023 |
| Couleur | Blanc |
| Cépage | Chardonnay |
| Mention d’embouteillage | Mis en bouteille pour la maison |
| Service | 10 à 13 °C |
Les Hautes Côtes, la Bourgogne au-dessus de la Bourgogne
L’appellation ne parle pas forcément à tout le monde, et c’est dommage. Les Hautes Côtes de Beaune surplombent la Côte de Beaune par l’ouest, des Maranges jusqu’à Ladoix-Serrigny. On quitte la ligne prestigieuse des grands crus pour monter sur les coteaux, dans un paysage de vallons et de collines où les vignes couvrent les pentes ensoleillées au pied de la falaise calcaire.
C’est une appellation régionale, née officiellement en 1961. Elle s’étend sur douze communes des Hautes Côtes en Côte-d’Or, plus les hauteurs de dix communes de la Côte de Beaune, et déborde en Saône-et-Loire. La ligne de partage avec les Hautes Côtes de Nuits passe à Magny-lès-Villers.
L’altitude change les choses. On est plus haut, donc plus frais, avec des maturités un peu plus tardives. Et comme ces coteaux n’ont pas le prestige de leurs voisins d’en bas, les prix restent raisonnables. C’est l’une des portes d’entrée les plus honnêtes vers la Bourgogne blanche.
En blanc, c’est du chardonnay
Comme partout en Bourgogne ou presque, le blanc ici, c’est du chardonnay. Le cahier des charges autorise aussi le pinot blanc et le pinot gris, mais c’est devenu rarissime.
Le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne décrit pour ces blancs des nuances légèrement paille aux reflets d’or pâle, des arômes de fleurs blanches associés au miel, et une bouche qui garde la fraîcheur du cépage sans tomber dans l’excès de moelleux.
Maison Colin Seguin, et ce que dit l’étiquette
La Maison Colin Seguin est installée à Nuits-Saint-Georges et commercialise une trentaine d’appellations bourguignonnes, du Bourgogne régional au Chablis Grand Cru. C’est une maison de négoce, pas un domaine au sens où on l’entend d’un vigneron qui ne vinifie que ses propres vignes.
Et ça se lit sur la bouteille, pour qui sait regarder. L’étiquette porte la mention « Mis en bouteille pour », suivie de l’adresse de la maison. La nuance compte : « mis en bouteille au domaine » signifie que tout s’est fait sur place, chez le producteur. « Mis en bouteille dans nos chais » désigne un négociant qui embouteille chez lui. « Mis en bouteille pour » indique que l’opération a été confiée à un tiers.
Ce n’est pas un défaut, c’est un mode de fonctionnement très répandu en Bourgogne, où le négoce fait partie du paysage depuis toujours. Mais autant savoir lire ce qu’on a entre les mains : trois formules proches, trois réalités différentes.
Dans le verre
Servi frais, à l’apéritif, en famille.
Ce qui m’a plu tout de suite, c’est la délicatesse. Rien de démonstratif, rien de lourd. On est sur un blanc qui joue la finesse plutôt que la puissance, et qui reste sec de bout en bout.
Et il y a ce que j’appellerais un bel éclat aromatique : le vin s’exprime sans qu’on ait à aller le chercher, avec une vraie netteté. C’est frais, c’est précis, ça donne envie de reprendre un verre.
Pour un apéritif, c’est exactement ce qu’on demande à un blanc : qu’il réveille sans fatiguer.
À table, ou juste avant
L’apéro lui va bien, c’est là qu’on l’a bu et il n’a rien demandé d’autre.
Si on veut le mettre à table, le BIVB conseille pour ces blancs les escargots quand ils sont jeunes, les poissons délicats, les woks de légumes. Et avec quelques années de plus, quand la rondeur s’installe, des poissons en sauce ou des crustacés. Côté fromages, bleu de Bresse, chèvres et famille des gruyères.
Service entre 10 et 13 °C, ce qui correspond à ce que j’ai fait sans y réfléchir : sorti du frigo, pas glacé.
Une bouteille qui vient de quelqu’un
Ce que je retiens de ce Hautes Côtes de Beaune, c’est qu’il tient très bien son rang : un chardonnay bourguignon frais et élégant, sans prétention, sur une appellation qui mérite d’être mieux connue.
Et puis il y a l’autre dimension, celle qui ne se goûte pas. Les prénoms d’Alex et Clarisse écrits à la main sur l’étiquette changent quelque chose à la dégustation. On ne boit pas tout à fait de la même façon une bouteille choisie pour nous.
Merci à eux. C’est aussi ça, le vin : un prétexte pour penser aux gens.
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