Quelles sont les maladies du vin ?

Thibaud BurdiVino Blog Vin

Rédigé par Thibaud
Simple Épicurien

Le 21 janvier 2026
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Quelles sont les maladies du vin ?

Vous ouvrez une bouteille avec impatience, et là… déception ! Ce nectar que vous espériez savoureux révèle des arômes étranges, une couleur douteuse ou un goût franchement désagréable. Pas de panique, vous venez probablement de faire connaissance avec l’une des nombreuses affections qui peuvent toucher nos précieux breuvages. Ces altérations, qu’on appelle communément les maladies du vin, ne sont pas une fatalité et peuvent même parfois nous en apprendre beaucoup sur l’histoire de la bouteille.

⏱️ L’essentiel à retenir en 30 secondes
  • Défauts visuels : robe terne, particules suspectes ou effervescence non désirée
  • Goût de bouchon : causé par le TCA, c’est le défaut le plus redouté
  • Problèmes d’oxygène : trop ou pas assez, l’équilibre est crucial
  • Certains défauts sont récupérables avec une bonne aération en carafe
  • Attention aux faux défauts : parfois, c’est simplement le style du vigneron

Comment repérer les troubles du vin dès le premier coup d’œil ?

Avant même de porter le verre à vos lèvres, votre vin peut déjà vous raconter son histoire. L’examen visuel, cette première étape de la dégustation, révèle souvent des indices précieux sur l’état de santé de votre bouteille.

Une robe terne et sans éclat peut trahir un manque d’acidité ou un déséquilibre général. C’est comme si le vin avait perdu sa vitalité, son côté pimpant qui nous fait tant craquer.

Plus inquiétant encore, la présence de particules colorées dans votre verre. Des particules blanchâtres ou bleuâtres dans un rouge ? Voilà le signe d’un excès de cuivre et de fer, souvent dû à un matériel de vinification mal entretenu. Les particules brunâtres, elles, racontent une autre histoire : celle de raisins vendangés trop tard, quand la pourriture commençait déjà son œuvre destructrice.

Et que dire de cette légère effervescence dans un vin qui se voulait tranquille ? Ce perlant indique qu’une seconde fermentation s’est invitée à la fête, transformant votre vin en une version non désirée de pétillant.

Les altérations organoleptiques : quand le nez et la bouche sonnent l’alarme

Passons maintenant aux choses sérieuses : l’analyse olfactive et gustative. C’est là que les véritables problèmes se révèlent, parfois de manière brutale !

L’oxygène, cet ami qui peut devenir ennemi

L’oxygène joue un rôle crucial dans la vie du vin, mais comme souvent, tout est question d’équilibre. Trop peu, et votre vin développe ce qu’on appelle une réduction. Les arômes qui s’en dégagent ? Pensez œuf pourri, poussière de grenier ou chou bouilli… pas très ragoûtant, n’est-ce pas ?

À l’inverse, un excès d’oxygène peut transformer votre vin en véritable catastrophe olfactive. L’odeur de pomme blette apparaît quand l’éthanol se transforme en éthanal, tandis que les arômes de vinaigre signalent une oxydation poussée. Dans les cas extrêmes, on se retrouve avec des parfums de dissolvant ou de vernis à ongles – l’acidité volatile dans toute sa splendeur !

Le goût de bouchon : l’ennemi public numéro un

Parlons maintenant du défaut le plus célèbre, celui qui fait frémir tous les amateurs : le vin bouchonné. Cette odeur si caractéristique de carton mouillé, de cave humide ou de liège moisi est immédiatement reconnaissable.

Le coupable ? Le trichloroanisole, plus connu sous le nom de TCA. Cette molécule sournoise se forme lors du traitement chimique du bouchon et se développe au contact de moisissures. Le plus frustrant, c’est qu’on ne peut pas le prévoir : grands crus et petites bouteilles sont logés à la même enseigne.

Heureusement, l’industrie du liège a fait d’énormes progrès. Les nouvelles techniques de traitement limitent considérablement les risques, et les alternatives comme les bouchons synthétiques ou à vis gagnent du terrain.

Quand la pourriture s’invite dans votre verre

En œnologie, toutes les pourritures ne se valent pas. La pourriture noble, par exemple, donne naissance aux plus grands vins liquoreux. Mais sa cousine, la pourriture grise, c’est une autre histoire !

Quand cette dernière s’attaque aux raisins et qu’ils sont malgré tout vinifiés, le résultat est sans appel : des vins dépourvus de fraîcheur aromatique, ternes et sans personnalité. C’est ce qu’on appelle les vins pourris, et croyez-moi, le nom est bien choisi.

Les autres troubles à connaître absolument

Le monde des affections vinicoles ne s’arrête pas là. Connaissez-vous le vin phénolé ? Quand la brettanomyces, cette levure sauvage, prend le dessus, votre rouge développe des arômes d’écurie, de cheval ou même de plastique brûlé. Charmant, n’est-ce pas ?

Le vin madérisé, lui, raconte l’histoire d’un mauvais stockage. Exposé à la lumière ou à la chaleur, il développe ce fameux « goût de lumière » avec ses notes de beurre rance et de pomme blette.

Sans oublier l’odeur de soufre, ce parfum d’allumette craquée qui trahit un dosage excessif de dioxyde de soufre. Pourtant indispensable à la conservation, le SO2 demande une main experte pour ne pas gâcher la fête.

L’acescence : quand le vin vire au vinaigre

Voici un défaut que personne ne peut rater ! Quand l’acide acétique prend le dessus, votre vin se transforme littéralement en vinaigre. Cette acidité volatile, résultat d’une oxydation prolongée, développe des arômes de dissolvant qui piquent le nez.

D’ailleurs, petit conseil d’ami : si vous laissez une bouteille ouverte trop longtemps, vous assisterez en direct à cette transformation. L’acide acétique se développe inexorablement, rendant le vin imbuvable.

Peut-on sauver un vin malade ?

Excellente question ! Jeter une bouteille fait toujours mal au cœur, alors voyons ce qu’on peut récupérer.

Les défauts rattrapables

Bonne nouvelle : certains problèmes se règlent avec un peu de patience et une carafe. La réduction, le vin phénolé et l’odeur de soufre peuvent souvent disparaître après quelques heures d’aération. L’oxygène, cette fois-ci allié, permet aux arômes désagréables de s’évaporer.

Les cas désespérés

Malheureusement, certains défauts sont irréversibles. L’odeur de pomme blette, le vin bouchonné, le vin madérisé et l’odeur de vinaigre résistent à tous les traitements. Dans ces cas-là, il faut se résoudre à dire adieu à la bouteille.

Défaut ou style ? L’art de ne pas se tromper

Attention à ne pas confondre défaut et particularité ! Certains vignerons cultivent délibérément ce que d’autres considèrent comme des imperfections.

Le vin perlant, par exemple, peut être un défaut… ou une signature. Certaines appellations comme le Vinho Verde en font leur marque de fabrique, offrant cette fraîcheur pétillante si appréciée.

De même, l’oxydation contrôlée donne naissance à des merveilles comme le vin jaune du Jura, le Rivesaltes ou le Xérès. Ces vins développent volontairement des arômes de caramel, de fruits secs et de noix grâce à un savoir-faire millénaire.

Le vin nature mérite une mention spéciale. Élaboré avec un minimum d’interventions, il développe parfois des arômes que certains qualifieront de défauts : goût de ranci, notes vineuses ou pomme blette. Mais pour les amateurs, c’est justement cette authenticité brute qu’ils recherchent !

Questions fréquentes sur les maladies du vin

Comment savoir si mon vin est vraiment défectueux ?

Fiez-vous à vos sens ! Un vin défectueux présente généralement des arômes ou des goûts franchement désagréables qui persistent même après aération. Si quelque chose vous choque dès l’ouverture, c’est probablement un vrai problème.

Puis-je tomber malade en buvant un vin défectueux ?

Rassurez-vous, les défauts du vin sont généralement sans danger pour la santé. Ils rendent simplement la dégustation désagréable, voire impossible. Votre palais vous protège naturellement en vous dissuadant de continuer !

Que faire si j’achète une bouteille bouchonnée ?

N’hésitez pas à la rapporter ! Tout bon caviste ou restaurant remplacera une bouteille bouchonnée sans discuter. C’est un défaut reconnu et les professionnels le savent bien.

Les vins chers sont-ils moins sujets aux défauts ?

Pas forcément ! Le goût de bouchon, par exemple, ne fait aucune distinction entre un grand cru et un vin de table. Cependant, les domaines prestigieux ont souvent des contrôles qualité plus stricts.

Comment bien conserver mes bouteilles pour éviter les problèmes ?

Stockez vos vins couchés, dans un endroit frais (12-14°C), à l’abri de la lumière et des vibrations. Une cave ou un cellier sont idéaux, mais un placard sombre peut faire l’affaire pour une conservation courte.

Prêt à devenir un détective du vin ?

Maintenant que vous connaissez les principales affections qui peuvent toucher vos bouteilles, vous voilà armé pour mieux comprendre et identifier ces petits accidents de parcours. Rappelez-vous que la plupart des défauts sont facilement reconnaissables – votre nez et votre palais sont d’excellents guides !

La prochaine fois que vous ouvrirez une bouteille, prenez le temps d’observer, de sentir et de goûter attentivement. C’est ainsi qu’on apprend à distinguer un vrai défaut d’une simple particularité stylistique. Et surtout, n’ayez pas peur de faire confiance à vos sensations : si quelque chose vous dérange, c’est probablement pour une bonne raison !

Photo de Thibaud Lapacherie

À propos de l’auteur

Thibaud Lapacherie

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Bon vivant passionné par le vin, les spiritueux et toutes les bonnes choses, Thibaud partage sur ce blog ses découvertes et ses coups de cœur avec sincérité et simplicité. Sans se prétendre expert, il propose un regard personnel sur un univers riche et passionnant, guidé par le plaisir du partage et l’amour des choses authentiques.

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